Corima, en mode combat !

Publié le par Brigitte

Dimanche 18 mars 2018 , vélo de route, Drôme provençale, 156 km, 2400 m D+ en 7h07

Pour une fois voici un article pratiquement sans photo !  Désormais je ne fais plus de photo dès lors que je mets un dossard ;-) ... de plus samedi soir, mon téléphone portable a trouvé une mort accidentelle dans un lieu que je vous laisse imaginer ... du coup l'électronique du jour est réduite à mon Garmin, qui aura le bon goût de ne pas me faire d'ennuis.

L'an dernier, j'avais également pris le départ de cette cyclosportive, qui s'était déroulée sous un ciel de carte postale et avec un vent à décorner les bœufs ... mais la casse de mon câble de dérailleur arrière m'avait fortement incitée à tourner sur le petit parcours, dit Sésame. Compte tenu de cet ennui mécanique, des pauses associées  et du vent, je n'avais d'ailleurs pas si mal roulé que ça ... mais j'avais envie d'y retourner pour faire le grand tour. 

Avant le départ, je rejoins avec plaisir Pierre et Valérie dans leur camping car pour le "before"  et café dans le calme. La chance nous fait également croiser Coco N avant le départ .... je ne la reverrai plus après.

Je suis loin d'être survoltée comme au départ de l'Ardéchoise ... je suis motivée pour faire une belle sortie et pour garder le cap du 155 km, mais je n'ai pas d'illusions sur le fait que ça va être compliqué avec le vent  : grand parcours quand on est dans les derniers signifie solitude, solitude contre le vent signifie temps perdu. Je le sais, je suis prête.

 

Corima, en mode combat !

Le départ chronométré se fait quelques kilomètres après le vrai départ, en réalité je ne sais pas bien à quel moment, mais rapidement il y a une bosse pas très longue ni très difficile. Étant partie derrière je remonte du monde, je double, je double ... j'aime bien !

Avec mon vélo de grimpeuse et un dérailleur coopératif, je passe toutes les petites bosses du début plus vite que l'an dernier. Le vent se fait bien sentir sous Montjoyer, cela me permet de l'évaluer : un peu moins fort qu'en 2017, et plus régulier, ce qui rendra les descentes moins dangereuses.
Je remarque dans les premières montées deux triathlètes du club d'Alice, dont un fille qui se nomme Claire. Ils attaquent plus fort que moi en bas des bosses, et je les rejoins chaque fois que la pente se redresse ou que ça dure un peu, mais ils descendent plus vite que moi, du coup je les perds ... je descends sur Taulignan 50 m derrière un autre petit groupe, sur lequel j'aurais du faire l'effort de rentrer tout de suite ...

Car maintenant se profile le terrible faux-plat-montant-vent-de-face de la Roche St Secret Béconne, et je suis seule ! Merdouille ! Je suis doublée par un petit groupe avec une fille très "coachée" mais ils vont beaucoup trop vite pour moi.

Par chance, après le village le vent semble un peu cassé par le relief.  J'arrive ainsi à la bifurcation du 155 km ... un bénévole au croisement me dit "Vous êtes toute seule ? "

La question qui tue. Est-ce que je serais par hasard entrain de commettre un délit de barrière horaire ? Il n'y a personne de visible, ni devant, ni derrière. J'aurais du lui répondre que j'avais un coach avec une cape d’invisibilité qui m'abrite du vent.

Ce gars pense que je ne vais pas m'en sortir, c'est une raison de plus de partir sur le grand parcours . D'autant que l'approche du Col de Valouse va être velours ... on a tourné et le vent me pousse allègrement.

Le col passe bien mais toujours aucun cycliste. L'arrivée dans les gorges des Trente Pas correspond à mon creux de la vague : le ciel devient très sombre, la température chute à 4-5°C, et je pense être derrière tout le monde et à des heures de ceux qui sont devant :-D

Miracle au dessus de l'Estellon ... il y a deux personnes devant et ils ne montent pas très fort .
Cela suffit à me redonner du peps pour affronter les rafales.

Je les re-perds dans la descente très fraîche vers Crupies. Pour m'occuper, je joue avec le mot Crupies d'une manière qui fera rire Baptiste ... il prononce le nom de la commune de Upie à l'anglaise, Youpi ... alors j'essaye de faire pareil avec Crupies ... dans le froid et le vent, je dis Cryoupi, Cryoupi  ... c'est très dur à prononcer :-D  ça réchauffe.

 

Bientôt c'est la montée vers Orcinas, que j'ai vraiment bien aimée. Je crois que je n'y étais passée qu'une fois. Tout à coup je découvre qu'il y a d'autres cyclistes dans le coin : deux qui sortent des fourrés !!! et deux que je double en montée. Je passe sur un tapis qui pousse un petit cris de joie à mon arrivée (genre : bip bip) ce qui me satisfait totalement.

Après une jolie partie en balcon on descend sur Dieulefit ; je ne sais plus si c'est là que j'ai attrapé en 15 secondes, deux pâtes de fruit et deux rondelles de saucisson, et que j'ai mangé le tout en même temps.
Dans le col du Pertuis, qui est la dernière bosse "digne de ce nom" , je remonte de nouveau sur trois personnes ; les deux dernières étant Claire et son compagnon de route du club de triathlon de Moirans. De nouveau, je les double mais je ne pourrai pas les suivre dans la plaine .... ils termineront 1 mn environ devant moi.
Je fais tout de même un petit bout de route descendant avec deux personnes; l'un a été victime de crevaisons répétées mais eu aussi roulent fort dans les dernières sections de plaine contre le vent. Cléon d'Andran Roynac est l'endroit le plus terrible, avant Marsanne, et la délivrance !

Peu importe qu'il y aie encore quelques bossettes insignifiantes  ! Désormais le vent est favorable, et les derniers 17 km sont avalés en 35 mn , ouf !

A l'arrivée à 16h43 je suis "canalisée" sur le repas auquel je fais honneur, j'ai une faim de loup.

La première de ma catégorie est Edwige Pittel, et elle est arrivée depuis , euh, au moins 2h30.
La seconde est Karole, et selon les dernières mises à jour je suis 4 eme , en 7h03

Il est l'heure de "l'after" en compagnie de Pierre, Dominique (qui ont terminé le 155 km une grosse demi-heure avant moi), Valérie (qui a finalement fait 80 km en balade) et Jean-Claude Mercier qui a terminé le 155 km en 5h30 .

Coco N fait une belle performance sur le 111 km , 1 ere de cate en 3h40 .
La récompense et place sur le podium a hélas été attribuée à une autre.

Le repos des guerriers

Le repos des guerriers

Contrairement à ma dernière Drômoise, je ne suis pas vraiment déçue du résultat de cette Corima.
22 km/h  de moyenne, en solo avec un vent fort, pour 155 km et 2400 m D+, et en début de saison, ce n'est pas étonnant pour moi ; je me sentais en forme et je n'ai pas baissé les bras, j'ai continué jusqu'à la fin à faire correctement et avec plaisir ce que je savais faire : grimper.

Toutefois le problème de solitude récurrent quand je prends le parcours le plus long influencera peut-être certains de mes choix futurs :-D

 


 

Publié dans vélo

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

KIKI-129 05/04/2018 16:33

Bravo Brigitte, seule dans le vent c'est très bien.
On remarque des filles "coachées" dans les cyclos par toute une équipe, ça aide bien.
Tu connais J Claude Mercier le grand baroudeur, c'est un sacré bonhomme. J'ai roulé souvent avec lui quand j'étais en Haute Savoie.

Brigitte 06/04/2018 22:28

Oui je connais un peu Jean-Claude, nous nous sommes croisés deux ou trois fois et avons déjà échangé sur facebook !

Jls 24/03/2018 12:42

Salut bribri BRAVO compte tenu de la periode t'as sorti un bon resultat compare a l'ardechoise!!! A bientot peut-etre sur un brm 300 pas trop loin de la suisse avec du soleil...l'organisateur violoniste a interet ! Bises

Jls 24/03/2018 20:41

Le bridou il a interet a assuter !!! 0arce que si plan de cuques se deplace acec crampinou et sergio cs va regagÈ...SONT FRILEUX LES GAILLARDS

Brigitte 24/03/2018 18:38

Coucou Jean-Luc, oui ça allait pas mal malgré le vent. Tu fais le BRM 300 Bridou ???? c'est tellement bien qu'on recommence quand on s'est pris la flotte deux fois

franco 23/03/2018 08:49

j'ai bien pensé a vous en passant sur l'autoroute via marseille ,bon moi c'etait pour faire un peu plus de ventre ,hum ,ben finalement tu fait une corima plus qu'honnorable ,avec des conditions ,qui pour la saison ,je qualifirais presque normale,et puis tu en a vu d'autre il me semble ,la saison est bien lancée,bravo

Brigitte 23/03/2018 09:46

C'est vrai Franco, en fin de compte, je suis assez contente de cette journée. Que le mistral se calme et je reviens user un peu le bitume !!!

Gégé le Breton 21/03/2018 16:46

Bonjour Brigitte. Bien content d'avoir pu te faire un petit coucou, en coup de vent.....(euh!!!, je plaisante) sur ce début de Corima. Tu as été bien courageuse de choisir le grand parcours; cela n'a pas été mon cas quand j'ai vu à la bifurcation aucun coureur tourner à droite; j'ai préféré rester au chaud dans un groupe, quitte à rouler beaucoup plus vite. J'ai terminé à Montélimar bien chocolat.....:-)))) en 4h10 et je te parle pas du retour laborieux à vélo sur Livron......

Brigitte 22/03/2018 18:45

En temps normal, je n'aurais pas roulé avec ce vent ... mais une fois que j'étais partie, j'ai juste fait ce pour quoi j'étais venue. Cette Corima s'est souvent déroulée avec ce type de conditions météo ... et parfois avec la pluie en plus. Finalement, ce n'était pas si mal.

Jean-Pierre 20/03/2018 23:25

Bravo Brigitte pour ton courage. J'ai aussi hésité à la bifurcation des deux circuits. Le parcours moyen m'a permis de faire deux nouveaux petits cols. Bon tu pourras te vanter d'avoir fait du vélo accroupie

Brigitte 21/03/2018 14:24

du vélo accroupie ... ah ah elle est excellente celle-ci !!! Je viens de lire ton récit et de l'ajouter en lien sur le mien. Moi aussi c'est marrant je n'ai pas trouvé le col du Perthuis très dur. Pourtant le vent n'y était pas favorable. C'est juste le fait de remonter du monde qui m'a boostée. Bravo pour ta Jollywear bien menée !

Gilles Serein 20/03/2018 22:06

Bravo c'est sur mentalement c'est dur de se retrouver seul , il peut etre plus judicieux de faite le 110 mais choix difficile

Brigitte 20/03/2018 22:33

J'avoue que j'y ai un peu pensé. Mais j'avais les jambes pour le grand tour et c'est lui qui me motivait ...

Poucet 20/03/2018 20:41

Bravo Brigitte pour ce beau combat pacifique et pour le récit de ton épopée, toujours aussi plaisante à lire. Au plaisir de te revoir par chez nous

Brigitte 20/03/2018 22:31

Bientôt bientôt Poucet !!!

Cestdurlevelo 20/03/2018 20:25

Bravo... un beau parcours notamment au vu des conditions ! Sympa d'avoir pensé à moi

Brigitte 20/03/2018 22:31

Ca m'a fait rigoler dans un moment difficile :-D

Gérard (du 95) 20/03/2018 19:23

Étrange, toi habituée aux longs raids en solitaire, la solitude te dérangerait ? Bon il est vrai que sur un parcours officiel tu ne peux pas jouer avec le vent comme à ton habitude... peut-être devrais tu voir avec la TMV si constituer un binôme ne serait pas possible ? quoique se trouver à deux du même niveau n'est pas toujours aisé.. Ou, vu tes classements et ta notoriété, n'aurais-tu pas la possibilité de partir plus haut dans le peloton et bénéficier peut-être de plus de groupes ?

Brigitte 20/03/2018 20:20

Non, la solitude ne me dérange pas habituellement ... mais habituellement je ne sors pas ou alors très court par ce vent ... de plus quand je m'inscris (rarement !) à une cyclo c'est aussi pour voir du monde ce jour-là .
Euh ... je n'ai ni notoriété ni "classement" en terme de cyclosport même si je fais quelques podiums un peu par "défaut de participation" ... quant à la TMV ... on a arrêté. Mais effectivement il y a des copains avec qui je pourrais faire un binôme, cela s'est déjà produit 2-3 fois sur l'ardéchoise.

Laurent BENET 20/03/2018 18:30

félicitations pour cette belle cyclo-sportive
dommage que ne puisse pas être accompagné sur ce genre de parcours
ce qui rend la performance encore plus impressionnante

Brigitte 20/03/2018 20:24

Ce n'est pas très simple en fait de trouver un accompagnateur. Il faut en trouver un qui veut bien faire 160 bornes ... qui ne la fasse pas pour lui, ou alors qui soit exactement de mon niveau ... de plus la plupart des gens qui mettraient globalement le même temps que moi, iraient très probablement trop vite sur le plat , et moins vite en montée .