Un balcon sans rambarde

Publié le par Brigitte

Dimanche 12 septembre, vire d'Archiane, 16 km, 1100 m D+ (total 7 h)

Vire :
Terrasse étroite, généralement horizontale, sur la paroi d'une montagne.

La vire d'Archiane, que je n'avais pas parcourue depuis 2003, est particulièrement longue.
Imaginez que vous ayez un balcon qui fait plusieurs kms de longueur, et sur deux façades de votre immeuble ; que le balcon soit à mi-hauteur d'un immeuble de 400 m, et qu'il soit parfois large avec de bons replat, mais parfois très étroit avec une pente déversant vers le vide. Le tout, sans balustrade. Gageons qu'on n'enverrait pas les enfants jouer sur le balcon 😋

Sa longueur, ou plutôt la "continuité de concentration " qu'elle demande, ainsi que l'impossibilité d'y utiliser la corde pour assurer un second , en fait un cas à part dans le domaine des randonnées du vertige . Le vide y est  vite très visible, très présent (contrairement à d'autres vires avec plus de végétation).
Elle est souvent utilisée par les grimpeurs qui font des voies dans la partie inférieure ; les randonneurs qui s'y engagent sont la plupart du temps munis d'une corde, car le balcon est interrompu par un profond couloir, dans lequel il faut descendre, avant une très courte remontée en face. Cela fait office de sélection des candidats, même si ce rappel n'est ni compliqué ni particulièrement dangereux.

Si ce n'est pas à mettre entre toutes les mains, c'est par ailleurs un parcours grandiose qui vaut le déplacement. Et dont on se souvient .

Vue sur la paroi et sa vire , vue ici comme une fine ligne de végétation

Vue sur la paroi et sa vire , vue ici comme une fine ligne de végétation

Autant la vire demande une attention de tous les instants, autant l'approche est tranquille , sur le GR93 en direction des "Quatre Chemins" . Après un départ à 11 degrés, la température grimpe en flèche (trop !!!) , avant de redescendre à la faveur d'une sorte de dépression dans la combe de l'Aubaise qui est un vrai frigo.
La pancarte qui indique 3 h pour les 4 chemins n'a pas été fabriquée par des slovènes 😀 (voir article précédent) ; après environ 1h45 depuis le centre du village nous arrivons à l'énorme cairn où nous devons quitter le GR , à 1408 m .

Je trouve ce cirque d'Archiane magnifique, même si on ne parcourt que les sentiers classiques. C'est aussi un accès aux hauts plateaux du Vercors Sud (Glandasse) , dans un environnement rocheux spectaculaire.
 

 

Le bon sentier de la Combe de l'Aubaise, vers 1200 m , bien ombragé .
Le bon sentier de la Combe de l'Aubaise, vers 1200 m , bien ombragé .
Le bon sentier de la Combe de l'Aubaise, vers 1200 m , bien ombragé .

Le bon sentier de la Combe de l'Aubaise, vers 1200 m , bien ombragé .

Au dessus, c'est encore un bon sentier dans les bois  qui permet d'atteindre l'altitude de la vire, à 1570; on emprunte alors un petit sentier plus ou moins horizontal, barré par un cairn en travers du chemin (comme pour dire "n'y allez pas " ) . Après avoir traversé quelques éboulis débonnaires, on arrive dans le vif du sujet .

En fait la paroi n'est pas comme une façade d'immeuble, elle a des renfoncements et des proéminences .

Si pour passer les "proéminences" ou piliers on dispose en général d'une trace plate d'une vingtaine de centimètres de large , dans les creux la trace coupe  souvent des petites coulées terreuses ou gravillonneuses, c'est ce qui pose le plus de problème, objectivement (car on n'est pas à l'abri d'un pied qui dérape) et mentalement (le creux en dessous, à l'ombre, est terrifiant, il ne faut pas le regarder )

Dans les deux cas , il est INTERDIT de trébucher.

Le résultat, c'est que sur la vire pourtant plate, on adopte une démarche extrêmement lente et prudente, on marche à 1 km/h !!!

En avançant, nous trouverons peu à peu plus de sections où le mental peut se reposer , en particulier tout contre la falaise . Cela permet de regarder les vautours qui nous survolent. Et de faire des photos .

 

Un des premiers passages délicats, le "sentier" est visible à droite

Un des premiers passages délicats, le "sentier" est visible à droite

Un balcon sans rambarde
Un balcon sans rambarde
Un balcon sans rambarde
La lame rocheuse du "Pestel" . des grimpeurs y sont visibles
La lame rocheuse du "Pestel" . des grimpeurs y sont visibles

La lame rocheuse du "Pestel" . des grimpeurs y sont visibles

Sur la dernière photo on doi imaginer où ça passe ...
Sur la dernière photo on doi imaginer où ça passe ...
Sur la dernière photo on doi imaginer où ça passe ...

Sur la dernière photo on doi imaginer où ça passe ...

On arrive bientôt à l'endroit du rappel, on ne peut pas se tromper. Un bon anneau de corde est en place, il doit être relativement récent . On a un petit souci de longueur de corde, car en théorie la hauteur est de 35 m, donc il faudrait une corde de 70 m ... nous on en a une de 30 m et l'autre de 50 m , donc on fait un nœud , mais le nœud ne passant pas dans le descendeur, cela oblige à un peu de bricolage . Finalement en descendant je découvrirai que 60 m sont très larges et que même 50 m suffisent. On s'est cassé la tête pour rien. Un autre relais en bas  permet de descendre sur corde les quelques mètres désagréables du fond de couloir si on veut . 
Le seul danger de ce rappel ce sont les orties dans lesquels on atterrit !

Grâce à mes souvenirs de 2003 j'empêche Jérôme de descendre trop bas; il faut remonter tout de suite de l'autre côté du couloir un petit passage d'escalade sans difficulté , pour retrouver la suite de la vire, qui se fait un peu plus commode (ou alors on s'habitue ? )  .

Le rappel sur l'arbre

Le rappel sur l'arbre

Un balcon sans rambarde
Un balcon sans rambarde

Après avoir tourné à l'angle de la falaise, et rencontré une équipe de grimpeurs, on arrive au terme de la balade aérienne de manière assez surprenante. La falaise inférieure se réduit jusqu'à s'effacer au fond d'un large couloir, ce qui permet de prendre pied dans un éboulis monstrueux, enchâssé entre les parois .

Il ne reste qu'à descendre l'éboulis au mieux (il fut un temps où je sautais là dedans comme un cabri 😁 mais maintenant je saute moins )

Un balcon sans rambarde
Un balcon sans rambarde
Un balcon sans rambarde

Un peu plus bas, on retrouve un sentier raide en lacets, puis l'excellent sentier "des vautours" , large et très fréquenté, qui nous ramène tranquillement au village après une petite pause pique-nique "tardif" .

Ces émotions, ça donne soif !
Ces émotions, ça donne soif !

Ces émotions, ça donne soif !

Un balcon sans rambarde

Publié dans randonnée

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