Le pilier du soleil : un grand moment de solitude !

Publié le par renarde1

Samedi 2 août, Saou, escalade - Voie le Pilier du Soleil 5b/5c/4c

La température ayant repris des proportions normales après le spectaculaire orage de vendredi, Jérôme et moi décidons de profiter de l'après-midi pour faire une voie de 3 longueurs (70 m de hauteur) à Saou : le pilier du soleil.

Peu de grimpeurs dans le coin l'été, à part sur la petite falaise ombragée de la Graville, près de la rivière et du camping. Nous nous dirigeons vers le secteur de "La Ceyte". .Nous verrons plus tard une cordée, venue profiter de l'ombre en soirée. Pourtant la chaleur est supportable, modérée par un petit vent de Nord.

 

La première longueur, haute d'une petite trentaine de mètres,  ne nous cause pas de souci. Il s'agit d'un petit 5 en dalles et murs, où l'on peut trichouiller un peu à gauche, un peu à droite dans les pas les plus délicats.

La suite semble donner plus de fil à retordre. Jérôme y fait un petit essai en tête, mais ne le sent pas et me donne sa place.

Très vite, je suis dans le vif du sujet. J'enchaîne plusieurs pas pas si faciles et les spits sont ... espacés, comme mardi à la Pouponne. Arrive l'instant où je ne vois pas le point suivant ... j'ai horreur de ça ! Je monte peu (en me disant que je peux peut-être encore redescendre) et à force de cligner des yeux, j'aperçois un éclair brillant à 5m ... Le spit ! ... heureusement, cette section n'est pas trop difficile, seulement soutenue.

Après une petite traversée, je parviens sous un mur jaune et raide où une petite cavité munie d'un rebord bien franc constitue une bonne prise de main. Tout laisse penser qu'elle devra aussi servir de prise de pied.
Le problème c'est que je ne vois pas comment m'y prendre.

Je fais quelques essais et trouve un à-plat à droite qui devrait permettre de monter le pied dans la cavité à gauche. Aaaaaah non. Je redescends. ce mouvement est déséquilibré , car à cause de la prise de main, trop haute et trop à droite, je me retrouve avec le corps oblique deux mètres au dessus du dernier spit.

Je peine désespérément à retirer ma main de la cavité salvatrice. Je tente quelques essais et redescends au spit.. L'abandon se profile ...

Là, je prononce tout haut la phrase magique "Je fais un dernier essai".

Cette phrase a plusieurs variantes tout aussi efficaces ...
"Je suis trop petite, j'atteinds pas la prise"
"Je n'ai pas assez de force"
"Je n'ai pas le mental"
"Je pense que je vais devoir redescendre"

Ces phrases négatives, clamées haut et clair, ont le mérite de me mettre face à l'échec possible et me donnent en général le punch pour éviter cette déconfiture ...

Après la phrase magique donc, je tente le tout pour le tout : voilà mes pieds sur de nouvelles prises, un écaille pour la main un peu plus sympa que l'à-plat ... je vais donc pouvoir ... non. rien. Si je monte le pied à gauche, je suis toujours aussi désespèrément oblique.

Le problème c'est que maintenant je ne suis plus capable de redescendre au spit, j'ai fait un geste de trop, impossible à refaire en descente.

La tête travaille à toute vitesse : "Là , ma fille, tu n'as plus que deux choix. Soit tu attends dans cette position et tu passes quelques minutes d'angoisse absolue en attendant le joli vol de 2+ 2 = 4 m, 4 + 1 = 5 m  avec l'élasticité de la corde, qui suivra immanquablement. Soit tu trouves un truc pour monter, et là, peut-être tu voles, mais peut-être tu passes" Un grand moment de solitude , puis je lance à Jérôme :

"Fais bien gaffe !"

Au lieu de monter le pied gauche, je monte le droit , bien posé sur ... rien en comptant sur l'adhérence et toute ma détermination . Miracle, je me dresse sur mes pieds, trouve une prise pour l'autre pied , panique encore un peu car je ne vois pas le spit suivant. Ah si, il est là, à 1 m au-dessus... aaaaah, que c'est BEAU un spit . Et dire qu'il y en a qui déséquipent les falaises ... 7 ou 8 spits pour 45 m, moi je trouve ça engagé !

 

La suite est sans souci, le relais est là, la longueur suivante courte, facile et bien équipée ...
Il ne reste plus qu'à resdescendre en deux rappels.

Avec une tonne de noeuds dans le premier ...
La corde ne vient pas quand on cherche à la récupérer ... saleté de corde, elle vrille ... quelques minutes d'inquiétude, où est l'autre cordée ? partie ? la nuit ne va pas être confort à 30 m du sol ... et le portable, il est en bas de la paroi, LUI.
Heureusement, ce n'est qu'une fausse alerte : la corde finit par céder à nos tractions conjointes et brutales !

 
Vue toujours superbe ...                                                       Le beau triangle de 70 m 
Qui me dira comment accéder                                            La voie est tracée sur la droite du "papillon jaune "!
à ces deux belles grottes ?


Au pied de la falaise, trois litres d'eau nous attendent : ces émotions, ça donne soif !!!



Publié dans escalade

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Rafaël Rodon 19/11/2010 18:34



Salut Brigitte,


On est monter a c'est grottes en aout 2010, ou plus exactement à c'elle de droite. C'est en fait une arche superbe. Pour l'accé on à fait comme Manu. On n'a pas trouvé mieux. 


pour plus d'infos contacte moi.


Raf



renarde1 20/11/2010 17:38



Merci beaucoup



manu ibarra 14/05/2009 19:27

j'ai déjà exploré ces grottes, il y a....près de 30 ans.
Si je me souviens bien l'accès est droit dessous en franchissant la barre rocheuse au mieux (4/5 max)

johan 03/09/2008 12:18

Passionnant ce récit, on s'y croirait! Avec bien-sûr le confort d'être certain de ne pas tomber :D