Couinements de renarde au Combeynot Pic Est

Publié le par renarde1

Jeudi 7 mai 2009, Pic E du Combeynot, couloir NNE , 1350 m D+

Ce matin, nous ne sommes que deux, Benoît et moi, pour la désormais traditionnelle rando du jeudi matin. L'heure de lever n'est plus matinale à présent ... elle est au milieu de la nuit, à 3h10 du matin pour moi. Curieusement ce matin c'était assez facile.
Nous avons choisi un objectif un peu lointain, mais à la montée très efficace, sans approche, sans replat : l'idéal quand on a une contrainte horaire.
Sur la route, dans un long tunnel, nous voyons le véhicule qui nous précède ralenir : devant lui, un chevreuil court éperdument, prisonnier de la lumière des phares mais aussi du tunnel ... il finira par retrouver les bois mais comme cette pauvre bête a dû stresser et s'épuiser !


Beaucoup de soleil sur cet itinéraire ...
Notre itinéraire a un autre avantage, il est au soleil dès les toutes premières heures du jour; l'ambiance est donc rapidement accueillante, après une première heure à batailler avec des névés bosselés encore bien durs. Deux chamois sont les seuls êtres vivants dans le coin à part nous.


Une des rares fois où je suis à la trace !

Rapidement, nous sommes au pieds des couloirs sommitaux.
A gauche, la banane, un couloir très exposé surmonté par une imposante corniche. Si il lui prenait l'envie de descendre, à celle-là, il vaudrait mieux être ailleurs.
A droite, une pente assez facile , inclinée à 40°, que j'ai déjà skiée en 2002 ; elle semble en bonnes conditions.
Au centre, un couloir encaissé et raide, où je fis il y a quelques années un aller-retour à pied avec Caro : la neige était vitrifiée et inskiable. En allant taquiner son socle, la neige a l'air souple aujourd'hui : c'est peut-être le moment d'y aller !
 
Dernière conversion, il va falloir passer à pied

Assez vite, je laisse à Benoît le soin de faire des marches dans la neige, car la tâche est épuisante. Par contre, dans ses marches il est très facile de monter. Malheureusement, le stress monte d'un gros cran en pleine partie raide, lorsque nous voyons des pierres dévaler le couloir : pas cool, que faire, redescendre à pied, monter chausser en haut ?

Finalement, nous continuons. Je suis un peu inquiète pour la descente car la neige est moins bonne qu'espéré, et la pente est vraiment, vraiment raide.


 
Pas beaucoup de place au sommet !                                 Bas du couloir

En haut, le panorama est fabuleux, de la Meije au Mont Blanc, mais l'heure n'est pas à la contemplation. L'épaule que nous avons atteinte n'est pas plate, il faut se faire une petite plate forme pour chausser.

Et là dès que j'ai les skis au pieds je me sens très très mal ! J'essaye de déraper un peu mais rien ne va comme je veux, les skis se comportent bizarrement, on dirait que j'ai encore les peaux de phoque !
En fait j'ai de la neige et de la glace collés sous les skis ... et maintenant que je suis dans la pente à 50° je n'ai pas envie de les enlever ... donc je couine, je pleurniche, je râle ! J'envisage un virage, puis renonce, je sais bien qu'avec la neige collée le comportement du ski est dangereux. Et pas question de m'en coller une ici !

Couinements de renarde

J'essaye de déraper, impossible tant ça colle.
Alors je descends en escalier.
Quelques mètres en escalier, c'est sympa, mais des dizaines et des dizaines de mètres de pente raide, c'est une torture pour les jambes, le dos, les genoux !!! Je ne suis pas loin de la crampe ...
Quand je vois Benoît en dessous sortir le piolet, j'ai encore plus peur car je me dis que ça doit être pire à cet endroit !!!

Mais même les pires choses ont une fin, la pente s'atténue, on dépasse les rochers, et je vais virer sur une zone en neige dure, un virage un peu banzai, pour nettoyer les skis.


Névés à point en partie basse
Le reste de la descente, soit les 1200 m qui suivent, sont sympas comme tout, dans des pentes soutenues, larges, un terrain joueur avec des creux , des bosses, des vallons et des croupes... et toute la montagne est à nous. J'ai déjà oublié les moments de stress là-haut dans le couloir.

Publié dans Ski de randonnée

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