Paris Brest Paris 2019 (1) - De Rambouillet à St Nicolas de Pelem

Publié le par Brigitte

Paris Brest Paris 2019 (1)  - De Rambouillet à St Nicolas de Pelem
Paris Brest Paris 2019 (1)  - De Rambouillet à St Nicolas de Pelem

Dimanche 18 août 2019, départ du Paris-Brest-Paris à 19 h30

Quel stress, quel stress ce PBP laugh . Arriver à la veille du départ, et surtout sur les lieux du départ, vérifier que rien d'essentiel n'a été oublié, est un véritable soulagement.
Samedi en milieu d'après-midi, de retour des vacances en Normandie, Jérôme me dépose près du château de Rambouillet, pour accomplir les opérations de contrôle et de retrait des dossards.

En fait ce n'est pas Rambouillet, mais Rambouillasse, les averses se succèdent transformant les allées du château menant à la Bergerie en chapelets de flaques d'eau ... je ne vous raconte pas l'état du vélo, qui pourtant était révisé et tout propre.  Ceci mis à part, ce mauvais temps ne me dérange pas trop, car les prévisions sont en revanche excellente pour toute la durée de l'épreuve. 
Je procède aux formalités avec une attente très réduite, et je retrouve assez vite Laurent, qui va m'héberger pour ce soir ; notre départ se fera à la même heure.

Ce préambule du samedi est émaillé de rencontres : je retrouve par exemple Henri, que j'ai connu sur PBP 2015 , Florian et l'équipe des lyonnais, Jean-Pierre et Alain, ainsi que Yann  (je prends soin de lui caresser le crâne : en 2015 il avait été décrété que c'était un porte-bonheur, et comme ça avait marché, je préfère assurer le coup cheeky)  Yann ne partira que le lendemain à 5 h , sur une base de 84 h, avec son père comme assistant.

Une bonne soirée en compagnie de Laurent et sa famille, à discuter en câlinant son petit chien Sherlock , et le dimanche arrive ... retour à Rambouillet tandis que la pluie s'éloigne chassée par un grand vent d'Ouest dont on espère bien qu'il va se calmer le soir !

 

 

 

Paris Brest Paris 2019 (1)  - De Rambouillet à St Nicolas de Pelem
Paris Brest Paris 2019 (1)  - De Rambouillet à St Nicolas de Pelem
Paris Brest Paris 2019 (1)  - De Rambouillet à St Nicolas de Pelem
Paris Brest Paris 2019 (1)  - De Rambouillet à St Nicolas de Pelem
Paris Brest Paris 2019 (1)  - De Rambouillet à St Nicolas de Pelem

Le site de départ est certes superbe, avec le parc, les grands arbres, les bâtiments de la Bergerie Nationale, mais du point de vue organisation, il me plaît moins que le vélodrome de St Quentin il y a quatre ans. Les différents services se retrouvent éclatés, et les départs sont très loin des zones de restauration, c'est beaucoup moins sympa pour voir les copains partir. D'ailleurs, contrairement à ce qui s'était produit en 2015, les départs à l'intérieur d'une même vague sont "échevelés ", il n'y a pas de décompte , chacun fait tamponner son carnet puis démarre.

Laurent porte un numéro en "P", il est donc dans la même vague de départ que moi, ainsi que Henri.

Pas de "5...4...3..2...1... feu" pas de petite larme au départ, et toc laugh
 

Attente du départ ...
Attente du départ ...
Attente du départ ...

Attente du départ ...

Je passe la "porte" électronique (maintenant on a des puces sur PBP) à 19h33, j'ai 90 h à partir de maintenant pour allez voir l'océan à Brest et regagner Rambouillet (soit une arrivée au plus tard jeudi 22 à 13h33)

Mais à ce stade on ne pense pas en terme d'arrivée, mais d'étape intermédiaire. Pour moi ce sera Villaine la Juhel, à 220 km pour un contrôle et un petit déjeuner .

Dix kilomètres après le départ, j'ai le plaisir d'être encouragée par Patrice, le cousin de Jérôme, et sa femme, Marie-France, venus me faire coucou. J'en suis toute Zémue angel.

J'ai trouvé un bon groupe à ce moment là, la première heure vingt-sept kilomètres seront ainsi parcourus. Le vent semble avoir cédé, ou alors, je suis bien abritée.
Malheureusement, tout se disloque ensuite, les participants roulent de plus en plus en solo, rien ne s'organise. Ce sera comme cela tout le long, je me dis que c'est incroyable, avec autant de participants, de ne pouvoir rouler avec personne. Je vais passer beaucoup de temps à "chercher des roues" , à me décourager devant les irrégularités et les accélérations brusques, les arrêts des uns et des autres.

En même temps, moi aussi je suis contrainte à plusieurs arrêts pipi, est-ce le stress, ou le café, si j'étais un homme je dirais que j'ai un souci de prostate laugh
Je suis doublée par un Ukrainien qui roule avec la musique, mais pas dans l'oreillette, non, tout le monde en profite. C'est plutôt sympa, je me mets en danseuse wink

A part ça, globalement, j'avance bien, et je rentre dans une nuit très douce avec une grosse demi-lune bien brillante.

Je passe à Mortagne vers une heure du matin, je ne mange pas de saucisse grillée (elle m'avait valu trop d'attente en 2015) et je continue vers Villaine la Juhel, en commençant par une belle descente nocturne ; je trouve magique le nom du premier village rencontré : Parfondeval .

La première nuit "passe" toujours très bien pour moi. Ce n'est en aucun cas un mérite, c'est physiologique, je n'ai pas besoin de dormir, je suis lucide, motivée, et je m'amuse en descente (un coup de grand phare, et hop) . Par contre ma petite lampe de secours, qui éclaire très bien, a un mauvais contact, qui la fait s'éteindre en descente ... de toute façon il faut toujours qu'il y aie un petit problème quelque part, ça fait partie du deal.

Je vois parfois, mais me semble-t-il moins qu'en 2015, des formes endormies enveloppées dans leur couverture de survie. La nuit n'est pas froide, et du coup ça n'a pas l'air horrible wink

Pour le reste, c'est plutôt joyeux d'imaginer ces milliers de cyclos traversant la nuit avec leurs petites lumières ... il y a très peu d'automobilistes mais je suis sûre que certains doivent croire qu'ils font un cauchemar ! Une nuit d'été constellée de vélos partout !!!!

Il fait encore nuit , mais pas pour longtemps, lorsque je pénètre dans l'effervescence de Villaine la Juhel, en commençant par l'épicerie ouverte toute la nuit, où un euro devient deux bananes à me mettre sous la dent. Premier pointage, premier café pain au chocolat, et c'est reparti vers Fougères ... le jour se lève, et le vent aussi.

Entrée dans la nuit
Entrée dans la nuit
Entrée dans la nuit
Entrée dans la nuit
Entrée dans la nuit
Entrée dans la nuit

Entrée dans la nuit

Villaine la Juhel : l'épicerie reste ouverte nuit et jour !

Villaine la Juhel : l'épicerie reste ouverte nuit et jour !

Avec le vent vient le traditionnel coup de mou du matin, qui prend la forme d'une fringale plutôt que d'une attaque de sommeil. La seconde banane restée dans la poche me permet d'attendre la suite, ainsi qu'un café en bord de route (merci à ces habitants qui nous "sauvent" tout au long du chemin ) ! 

J'ai aussi une gêne au genou droit (qui va attendre le km 300 pour disparaître) , et je me suis trompée de cuissard, j'ai pris un vieux qui en plus est passé à la machine à 90°C (ce qui a rendu le tissu plus rêche) , quelle belette je fais, je dois avouer que ça me cuit un peu.

Bon ma fille, tu as plein de problèmes, mais tu t'en fiches, tu nous fais ce PBP EPICETOU. Non mais !
L'arrivée à Fougères est un peu longuette, mais Fougères Tinténiac n'est pas cool du tout avec le vent. De plus la sortie de Fougères se fait en montée, sur une grande route très passante.
Par bonheur, je passe un moment avec Bill, un américain de Californie. Tenir la conversation en anglais, comprendre malgré le vent, me demande assez de concentration pour oublier ces faux-plats vent de face ....pour un californien, il n'est d'ailleurs pas trop difficile à comprendre. Par moment, je me mets à l'abri dans sa roue ... 

A un autre moment, je fais route avec un sympathique jeune Slovaque, ils ne sont que deux à représenter ce pays ! Il a du faire ses brevets en Hongrie, en Tchéquie et en Croatie, car il n'y en avait pas en Slovaquie. Là encore, la conversation en anglais s'avère facile.

Il n'y a que 55 km de Fougères à Tinténiac, 3 eme point de contrôle que j’atteins avant 14 h.  
C'est le moment pour aller faire un tour au self, j'ai besoin d'un vrai repas complet, après pratiquement 360 km non stop, en dehors des pointages et du rapide petit déjeuner.
Il y a un peu d'attente mais le repas est bon cool


 

Fougères

Fougères

Dans la roue de Bill

Dans la roue de Bill

Tinténiac
Tinténiac

Tinténiac

Près de 360 km ont été accomplis, et après ce repas régénérateur c'est à nouveau une longue étape qui m'attend, plus de 80 km jusqu'à Loudéac. Je n'aime pas cette étape assez monotone, pas plus que la précédente ; d'autres participants craignent le terrain accidenté entre Loudéac et Brest, moi j'aime beaucoup !!!

Le début est quand même sympa avec la bosse de Bécherel . Pour la suite, je  vais passer mon temps à courir après les mythiques "bonnes roues" pour m'abriter, que je ne trouverai pas. J'ai perdu mon californien, et je n'ai pas grand monde pour discuter non plus.
Je dépasse Quédillac (point d'accueil mais sans contrôle) sans m'arrêter et fonce droit dans l'averse qui durera quinze minutes et sera la seule de ce Paris-Brest-Paris. Elle est assez forte pour me faire sortir le Kway, dans lequel je vais ensuite transpirer jusqu'à Loudéac . 

Je pointe à 19h41 dans cette ville, je suis toujours dans le même tempo qu'en 2015, avec une précision assez remarquable !  Je crois avoir pris un sandwich, avec l'idée de compléter le dîner avec ce que je trouverai en route.

Il fait beau de nouveau, la lumière est dorée, et une nouvelle nuit magnifique s'annonce. Le vent se calme presque totalement. Je grimpe à présent dans des collines marquées, avec des bosses de un ou deux km , qui me rappellent les Chambaran.
Je traverse le village, St Martin des prés, où j'avais dîné il y a quatre ans, bien animé aussi cette année.

Je roule seule, tranquille, les choses avancent normalement. J'ai décidé de m'arrêter à St Nicolas de Pélem plutôt que de pousser jusqu'à Carhaix, vu mon départ plus tardif qu'en 2015.
J'atteins ce contrôle secret (de polichinelle) vers 23 h ... j'ai droit à une bonne douche chaude (avec une cabine de douche individuelle s'il vous plait, où je peux étaler toutes mes affaires et me mettre en tenue de nuit) et à un dortoir bruyant mais pas froid, ce dernier point étant pour moi l'essentiel.
Je parviens à dormir 2h à 2h30 , et je repars dans le noir après un bon petit déjeuner (et au moins 15 minutes à ranger mes affaires et serrer les sangles de sacoche !!! )

En route pour Brest !
 

La sieste du PBPiste (un parmi des centaines !)
La sieste du PBPiste (un parmi des centaines !)

La sieste du PBPiste (un parmi des centaines !)

Averse avant Loudéac
Averse avant Loudéac

Averse avant Loudéac

La triplette

La triplette

Collines dorées
Collines dorées

Collines dorées

One more night, just one more night ...

One more night, just one more night ...

Publié dans BRM, vélo

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Commenter cet article

Philippe Rouchier 01/09/2019 10:47

Ca y est je m'attaque à la lecture de ton aventure PBP : Normal que tu sois à l'aise dans la partie la plus vallonnée avec les routes que tu fréquentes habituellement ... allez je retourne parcourir la 2° partie sur ton porte-bagage ;-) .. et top les photos !!!

maurin jean pierre 26/08/2019 19:24

hello Brigitte,
Je suis franchement impressionné par ce type de performance hors norme pour moi...un grand bravo et peut être au plaisir de se croiser un jour sur les routes de la drôme

Jean-Pierre 26/08/2019 15:46

Bravo Brigitte. Un vrai plaisir de lire ton reportage. En attendant la suite.

RIVET 26/08/2019 13:00

Bonjour Brigitte,

Je te félicite pour cette très belle performance. Nous nous croiserons peut-être un jour sur nos routes de la Drôme.
A bientôt et en attendant bonne récupération.
Jp

Brigitte 09/10/2019 14:44

A une prochaine Jean-Pierre !!!

Gillou 24/08/2019 19:05

Tres bon recit , bravo , ca donnerai presque envie .

Brigitte 24/08/2019 22:50

C'est atypique ... un vrai voyage dans une autre dimension !

cestdurlevelo 24/08/2019 16:29

C'est géant de lire ça ici... en repensant aux BRM qualificatifs... dont celui que tu n'as pas fini... et de se dire... Punaise ça y est, ça paie ! En tout cas tu as tes repères sur cette randonnée-aventure et ça ne peut que t'aider. Vivement la suite !

Brigitte 24/08/2019 22:49

Oui effectivement, j'avais mes repères et j'ai très longtemps été exactement dans le même timing qu'en 2015 , tout en répartissant mes pauses autrement, le départ étant 2 h plus tard. Beaucoup moins solitaire tout de même que sur un BRM :-)