Du Léman au Lac majeur - Partie 1 - le Valais

Publié le par renarde1

Samedi 11 juillet 2009, J0, départ pour la Suisse

Les sacoches sont bouclées, tente, duvet, matelas, popote, vêtements dans les sacs poubelle .... en ce samedi nous chargeons les vélos dans la kangoo toute neuve, et c'est le départ pour la région de Montreux, pour Chessel plus exactement où se trouve notre premier camping. C'est là que nous laisserons la voiture pour la durée de notre périple.

Le trajet en voiture prend environ quatre heures, un peu long sur la fin en passant par les villes touristiques de Thonon et Evian, mais très joli. Nous plantons notre petite tente au camping du Grand Bois, dans une prairie verdoyante à la lisière d'un bois. Dans ce camping les voitures sont regroupées sur des parkings et ne circulent pas entre les emplacements, l'ambiance est paisible.

En soirée nous allons faire un petit tour à vélo pour découvrir les pistes cyclables en bord de rhône. Nous parvenons à la dernière passerelle avant le Léman. Il fait doux et brumeux. Tout autour, des cyclos de toutes catégories circulent sur de belles pistes dans une réserve naturelle que nous aurons l'occasion de retraverser au retour.

Demain, nous prendrons donc l'itinéraire national n°1 pour commencer à remonter le Rhône.




Dimanche 12 juillet 2009, J1, le coude du Rhône
92 km dont 6 km sans les sacoches, 400 m D+, 5:13 sur le vélo,

http://www.openrunner.com/index.php?id=327916
Le parcours suivi n'est pas tout à fait celui tracé sur openrunner ... parce que je ne me souviens plus du tracé exact !

Premiers tours de roues le long du Rhône, il faut un peu de temps pour retrouver l'habitude de rouler avec les sacoches. L'équilibre est un peu différent, mais c'est surtout à l'arrêt que c'est délicat, car même en appui contre un mur, le guidon tourne et le vélo a tendance à tomber. J'ai également à gérer les retrouvailles avec l'ancien vélo, où la position n'est pas tout à fait la même.

Il fait relativement chaud, le ciel est parcouru de nuages élevés et on peut même voir au-dessus des montagnes des lenticulaires témoignant d'un fort vent en altitude. Le vent souffle plutôt du Sud, donc nous l'avons un peu de fece (sans gêne particulière) jusqu'à Martigny, puis dans le dos ensuite. Les grands sommets alentours sont relativement dégagés mais souvent peu visibles, car cachés par des reliefs moins hauts et plus proches. La vallée est à très basse altitude, très lage et très plate à cet endroit.



 
Passerelle sur le Rhône

Le parcours est très plat, en général sur les berges du Rhône. Comme tous les torrents glaciaires, l'eau est d'un bleu-vert pâle très opaque, chargée de sédiments et de minéraux. Le courant est très fort.
Nous avançons assez rapidement, sans s'attarder dans les villages ni même à Martigny où l'ambiance est un peu triste le dimanche. La seule animation, c'est les petits stands, presque tous les 500 m, où l'on vent des abricots du Valais !
Après Martigny nous nous retrouvons je ne sais comment sur la route principale. Mais celle-ci n'est pas très passante le dimanche, et poussés par le vent nous avançons bien alors nous ne cherchons pas à retrouver la piste cyclable tout de suite. En général, il ne s'agit d'ailleurs pas tout à fait de pistes cyclables, mais de petites routes autorisées aux deux-roues (même motorisés) et aux riverains. Cette partie de l'itinéraire est également commune avec un tracé "roller", ce qui garantit de trouver du goudron partout.

Nous nous arrêtons dans un petit resto de bord de route, nommé "Le Coucou", où un gros monsieur fait griller des viandes, saucisses, etc, au barbecue. Les grillades sont accompagnées d'un bonne salade de pommes de terre. Nous dépensons ainsi nos premiers francs suisses dans ce petit grill à l'accueil bien sympathique.



Une petite côte histoire de faire un peu de sport, et nous parvenons à Sion, une ville agréable mais encore une fois bien déserte le dimanche. Sierre n'est pas beaucoup plus animée, à part un secteur à la sortie du village où se trouvent plusieurs petits cafés. Il fait chaud et humide, et nous sommes contents de parvenir à notre camping suivant : le camping du Bois de Finges, situé dans une forêt de pins à 3 km de Sierre



Notre emplacement est une petite terrasse surélevée dans les arbres. Il y a une piscine pour se refraîchir.
Le soir, nous irons dîner à Sierre avant d'aller retrouver notre petite tente.


 

Lundi 13 juillet 2009, sources thermales et canicule !
86 km , 1200 m D+ (quasiment pas de D-)
6:08 sur le vélo !

http://www.openrunner.com/index.php?id=328623

En préparant l'itinéraire, j'avais repéré dans la vallée du Rhône quelques lieux connus pour leurs sources thermales. L'idée de me prélasser dans l'eau chaude après avoir roulé me séduisait, mais malheureusement les différents "bains" ne collaient pas avec les fin d'étapes. Notre choix se porte donc sur Brigerbad, où nous devrions parvenir dans la matinée, pour nous baigner avant de déjeuner puis repartir.

Du côté de Visp, nous ratons un fléchage de l'itinéraire cyclable et nous nous retrouvons sur une nationale sans bande cyclable où la circulation est inimaginable. Nous sommes coincés là-dessus pendant une dizaine de kilomètres, et il n'y a aucun moyen de s'échapper car à droite, c'est rocheux, à gauche, c'est le rhône sans pont. A la première petite route, nous traversons à pied en courant pour fuir ces lieux au plus vite. Cette erreur doit être classique car je l'ai retrouvée dans un autre récit.

Sur la piste retrouvée , après une petite montée, je me retrouve entrain de rouler sur le plat à 12 km/h, 15 en forçant. Il y a un truc bizarre là, et ce n'est certes pas ma forme qui est en cause ! Après examen technique, je vois que ma roue arrière s'est deserrée dans un chaos et frotte sur le cadre ! Je repars à une allure plus normale.


 
Les Bains de Brigerbad se trouvent tout près de la piste. Pour 10 FS (8e environ) on peut profiter pendant 3 heures des bassins à différentes températures et sur site en terrasse, fleuri et agréable. Certaines activités comme le toboggan et la grotte thermales à 41° sont fermées le matin. On trouve un bassin chaud à 38° avec de puissants jets massants, des bassins ludiques dont un avec une nage à contre courant et un jet d'eau spectaculaires (30°), une piscine olympique(25°), une cascade froide(20°), un bassin de sauts depuis un rocher (30°) .... L'endroit est bien tranquille le matin.

 

Lorsque nous repartons, la chaleur est devenue pesante ... et quand on sort de là, on a un côté mollusque peu compatible avec la pratique du vélo. Après un pique-nique, la ville de Brig est en vue. C'est la première ville vraiment très jolie que nous traversons, le centre est superbe. La chaleur est devenue caniculaire ... et humide. Une horreur !
Peu après la ville, Jérôme est victime d'une crevaison sur la piste bordant le rhône. La réparation est rondement menée, mais les choses sérieuses vont commencer : sur la piste, un panneau prévient que les 18 prochains kms se font sur une route à grande circulation, qu'il faudra monter de 500 m et qu'il vaut mieux prendre le train . Pour casser le moral des troupes c'est parfait !Nous persistons cependant, sur une route en pente modérée avec une circulation ultra-dense. Arrive une bifurcation avec une déviation vélo ... où la pente annoncée est 19% ! Là , c'en est trop ! Nous restons donc sur la grande route ...qui attaque une rampe redressée.

Affreux. La pente frôle les 10%, et à 5 km/h, je me sens comme une cocotte minute prête à exploser. Le pire, c'est qu'on ne peut pas s'arrêter : pas de bande cyclable, pas de place. Les automobilistes ont beau être respectueux, ils sont ... bien trop nombreux!  Je commence à douter de la possibilité de passer les Alpes le lendemain ...

 


Enfin, devant nous, Ulrichen (Oul-ri-ken)

Dans une petite épicerie nous nous jetons sur du yaourt à boire : le truc qui nous fait le plus envie. Peu à peu, la pente se calme, la circulation diminue. Nous restons finalement sur la grande route, de peur d'avoir à effectuer trop de dénivelé sur les petites (mais en fait c'est un peu l'inverse qui se produit) . Je pense que c'est une erreur car la piste semblait très sympa.
Nous traversons des villages typiques du haut valais, avec des mazots, des chalets en bois tous fleuris et pas vraiment de rues entre les maisons.
Après une dernière montée jusqu'à 1390 m à Münster, nous atteignons finalement notre but, Ulrichen , au pied du col de Nufenen.

A la sortie du village, nous nous installons dans un caming vert, plat et paisible : le camping Nufenen (pour nous mettre dans l'ambiance) . La canicule a fini par céder ; de toute façon il faut se rhabiller en "long" à cause des moustiques qui raffollent de nos jolies jambes de cyclistes. (en réalité c'est plutôt les chevilles qu'ils aiment)
Jérôme a abîmé un pneu : il va falloir trouver un vélociste dans le coin.

Mardi 14 juillet 2009 , le truc mythique
73 km, 1540 m D+
http://www.openrunner.com/index.php?id=329234

Ce jour de fête nationale en France, va-t-il nous voir franchir les Alpes pour basculer vers le Tessin ?
J'en doute encore tandis que nous nous préparons. Nous commençons par aller à Oberwald sans les sacoches, pour acheter un pneu. 12 kilomètres très agréables dans cette haute vallée du Rhône. Nous sommes près de sa source.Ici, c'est un vigoreux torrent de montagne, mais il est assez large pour jeter un cailloux de l'autre côté ... quand on racontera ça aux Valentinois ...
Vers 10 heures, le pneu changé, plus de mauvaises excuses : il faut y aller.

 



Col de Nufenen ! Ce col me fait penser à un médicament, le Nurofen, et je sens que le comprimé va être dur à avaler. Un sacré morceau, le plus haut col routier (2478m) entièrement en suisse. Depuis notre camping, 13 km seulement, mais 1100 m de D+ : faites le calcul. Quelle que soit la manière dont on l'imagine, ça monte ... ça monte tout le temps , entre 8 et 10,6% la plupart du temps ...
Dire qu'avant de partir mon expérience de montée avec les sacoches se limitait à la petite côte de Fouillouse dans la plaine de Valence, et que la montée 'hier était décourageante...
Dire que , sacoches ou pas, je n'ai jamais franchi à vélo un col au-dessus de 2000m (Jérôme en a franchi un seul, le Col de Sarenne) ...

Mais je n'ai pas si peur que ça. Car la température est redevenue raisonnable ; le vent est parfois de face, mais il gêne peu en réalité sur des pourcentages aussi forts. Pour la vue sur l'Oberland  et autres stimulants, il faudra repasser, car ce matin tout est bouché.

Nous sommes vite dans l'action, et nous allons y rester pas loin de 3 heures (pauses comprises). C'est avant tout une école de patience, car il faut rouler pendant tout ce temps à des vitesses de 6 km/h, 5km/h voire même 4 km/h dans les passages les plus raides. Je ne pensais même pas pouvoir rester sur le vélo avec le chargement à cette vitesse. Mais c'est possible. Nous sommes victimes une fois chacun d'un "pied à terre involontaire", et c'est difficile de repartir derrière.


Vers 1800 m

C'est long, mais finalement moins violent qu'on pourrait croire. Pour patienter, je me répète de petites rengaines, dans le style, 'tu vas franchir les Alpes, tu fais un truc mythique, tic, tic, tic  ", je me fixe de micros-objectifs, comme une ferme, un virage ... Nous sommes doublés par plusieurs cyclistes, tous à vitesse modérée mais aucun cyclovoyageur.
Le seul passage qui va me déranger vraiment sera une zone de travaux, à franchir avec plusieurs voitures, en essayant d'accélérer pour en finir avant que ceux d'en face arrivent. Impossible bien sûr, du coup je roule à droite dans le goudron frais et collant. On en a plein les roues, il faut s'arrêter et nettoyer.


Vers 1800 m


Au-dessus de 2000 m


Bifurcation col Gries, environ 100 m en-dessus du sommet

Les nuages laissent parfois entrevoir un coin de sommet, un couloir de neige. Peu à peu le paysage devient celui de la haute montagne. Au départ du chemin menant au lac et au col de Gries, c'est carrément ambiance avec un épais brouillard et un névé haut de 3 mètres qui borde la route. Une dernière petite pause après le dernier km à 9,7 % . Je repars devant ...en me disant, je roule jusqu'au prochain virage. Et là, je vois le panneau du col, 100 m plus loin. Et le resto juste derrière. L'émotion me coupe le souffle,, je ne suis pas loin de verser une petite larme.  

We did it !



Maintenant, une grande pause bien méritée au resto du col où l'on sert de la polenta garnie, qui cuit dans un énorme chaudron en cuivre avec mélangeur automatique ! Miam !



Et nous voilà habillés pour attaquer la descente dans le vent, le froid et le brouillard, le temps s'étant bien dégradé.




Publié dans vacances - voyages

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Jean-Luc MERCIER 08/09/2009 09:32

Désolé RENARDE pour ce tutoiement malvenu peut-être, intempestif en tous cas, je viens de m'en apercevoir à la lecture du commentaire déjà publié.Cordialement vôtre !Jean-Luc

renarde1 09/09/2009 12:07


Surement ni malvenu ni intempestif, en fait je n'avais même pas remarqué, il n'y a pas grand monde qui me vouvoie ou que je vouvoie


Jean-Luc MERCIER 08/09/2009 09:27

JE NE CONNAIS PAS ENCORE TRES EXACTEMENT LE PROCHAIN PERIPLE, J'EN AI UNE PETITE IDEE, JE LA LAISSE MURIR ET JE DECIDERAI LE MOMENT VOULU.JE RETIENS TA PROPOSITION D'HEBERGEMENT SI TU ME DONNES TES COORDONNEES EN PASSANT PAR MON BLOG, A MOINS QUE JE PUISSE TROUVER DE QUOI TE JOINDRE DANS LE TIEN DE BLOG, QUE JE TROUVE D'AILLEURS TRES RICHE EN COMMENTAIRES (TRES BIEN ECRITS ET QUI COULENT TRES BIEN A LA LECTURE) AVEC DE SUPERBES PHOTOS. BRAVO POUR TOUT CECI ET A BIENTOT.BON VENT A TOI.

renarde1 09/09/2009 12:06


Mon adresse mail est en haut à droite juste sous le mot "présentation" ;-)


Jean-Luc MERCIER 07/09/2009 22:46

Je viens de recevoir ton commentaire à propos du "Nufenenpass" et je suis vite allé sur ton blog pour découvrir ta performance. Respect et chapeau bas, tu l'as fait et c'est super !C'est un retour en arrière de quelques semaines seulement et je m'y suis retrouvé avec émotion. C'est fou ce que ces Alpes-là m'ont laissé comme souvenirs grandioses ! On me demande d'y retourner, je ne me fais pas prier et j'y fonce immédiatement. On ne peut lutter contre ce virus, contrairement à d'autres dont on nous rabâche les oreilles depuis trop longtemps. J'espère bien conserver intacte cette maladie virale et la garder longtemps.Encore bravo !Jean-Luc le cyclonaute

renarde1 08/09/2009 08:11


Du coup j'ai lu tout votre long périple, bravo ! le site est très bien fait ! Quel sera le prochain ?
Si vous passez un jour par Valence surtout contactez-moi  pour l'étape du soir !


Fantomette 22/07/2009 23:16

Impressionnante la photo sur la passerelle avec les sacoches ! Je me demande comment on peut rouler sans tomber à la renverse avec un tel chargement . Tu es une vraie aventurière sportive, bravo !

col du Glandon 22/07/2009 14:59

Salut de Grenoble !Bravo pour ce grand périple en vélo et pour le beau col du nurofen ! J'ai bien apprécié la lectureA suivre !

renarde1 22/07/2009 18:05


C'est un bien joli col en effet, dommage qu'il faisait très nuageux, il va falloir que je recommence


cricri 21/07/2009 22:53

MAGNIFIQUE !!!!décidément avec ou sans neige, tes parcours et tes photos sont magnifiques!!!Bravo à Jérôme et à toi pour ce trajet

renarde1 22/07/2009 18:03


Merci ! Je prends de plus en plus goût au voyage à vélo.


Cisou 19/07/2009 17:44

On attend la suite.J'ai trouvé ma prochaine monture, je l'aurais début aout. Elle est là www.bentokaz.comMais la suivante pourrait bien être un pur VPH trouvé chez bentoline Les essais que nous avons fait chez M5 furent franchement sympa