Rendez-vous à la citadelle

Publié le par renarde1

Mardi 29 mai 2012, vélo de route, Crest-Sisteron, 278 km, 2520 m D+ en 13h58

 

 

Depuis quelques mois, j'avais dans l'idée d'une rencontre avec Jean-Luc, cyclobloggeur de la région niçoise. Nous avions projeté de nous rencontrer à Sisteron, ce qui constitue plus ou moins la mi-chemin ; cela n'en représente pas moins une longue distance pour nous deux.

 D'ailleurs, en retraçant mon propre parcours, j'arrive à 340 km et je trouve ça un peu excessif, me garantissant départ de nuit ET retour de nuit. Je m'oriente donc sur un rapproché en voiture jusqu'à Crest, ce qui m'amène à un projet plus raisonnable autour de 280 km.

 

La date est fixée à ce mardi 29 mai. La journée est annoncée belle ... et chaude ! A mon lever à 3h, le thermomètre indique 15°C, mais au lever du jour elle baissera jusqu'à un petit 7°C ... mais c'est pour mieux remonter ensuite !

Je me gare à Crest à 4h05 et je suis sur le vélo 7 minutes plus tard.

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Pour m'enfoncer pour l'instant dans la nuit car plusieurs dizaines de minutes vont s'écouler avant que le ciel pâlisse et que les étoiles s'éteignent ...

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Le lever du jour est accompagné d'une baisse importante de température, je dois m'habiller car je ne suis plus très habituée au froid ! J'ai même froid aux mains. Pourtant le parcours jusqu'à Beaurières est plutôt un faux-plat légèrement montant.

Ces interminables lignes doites sont un peu pénibles.

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 De plus, j'ai mal préparé ma sortie contrairement au BM400, grosses sorties dans les jours précédents avec exposition à la chaleur, retard de sommeil, et la forme n'est pas vraiment là.   Ce n'est pas bien grave mais je vais avoir durant cette matinée plein de petites "misères" physiques qui rendent la progression laborieuse !

 Ainsi j'ai un peu mal à l'estomac en partant ...ça passe ... ensuite (au bout de 70 km seulement) , des brûlures "mal placées" et intenses même debout sur les pédales ... cela dure une heure ... une allergie ?

Plus loin ce sera une guêpe qui rentre dans mon maillot et je dois l'enlever pour laisser partir l'audacieux insecte qui m'a quelque peu piquée en passant 

Ensuite j'ai les yeux qui pleurent et je dois les frotter, ce qui n'arrange rien

Même le vent qui devait être favorable à l'aller s'en mêle, il n'est pas du tout comme il faut (voire même contraire sous le chaos du Claps)

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Le chaos du Claps avec une sorte de vent thermique contraire

Alors que je roule tranquillement un peu après 7 h, une voiture de police ralentit à ma hauteur ... et me demande comment on fait pour aller à Valdrôme  Je ne savais pas que j'étais si connue comme spécialiste des routes, au point que même la police vienne me demander des renseignements 

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Enfin le franchissement du Col de Cabre se fait bien, il est vraiment facile de ce côté avec des pentes à 4-5% ; la descente de l'autre côté est belle, la température est idéale pour l'instant ; je ne me sens pas très en avance aussi je ne passe pas par Sigottier, mais rejoins Serres par 7 km de nationale.

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Le village de Serres 

De là, j'emprunte l'itinéraire bis qui va à Sisteron, de l'autre côté du Buëch par rapport à la nationale.  Il est très bien en première partie, puis autour de Laragne il rallonge beaucoup avec de multiples petites bosses usantes. Par contre les 20 derniers kilomètres par Ribiers sont très bien, et je rattrappe mon petit retard pour entrer tout pile à 11h30 dans la ville de Sisteron, où je n'ai plus qu'à grimper à la Citadelle, notre point de RDV avec Jean-Luc ... par un petit raidard à 12% sous un soleil devenu très chaud 

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Sisteron vu de la citadelle 
  Je l'attends quelques minutes à peine sur un banc à l'ombre en haut de mon perchoir . Il arrive avec déjà 184 km au compteur et 2000 m D+, en étant parti à 4h00 ... soit 40 km de plus que moi ... je me dis que j'ai bien fait de me garer à Crest.

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Jean-Luc arrive à la citadelle !

Nous passons un agréable moment à discuter devant une boisson fraîche dans cette petite ville animée. Il faut maintenant reprendre chacun notre route, Jean-Luc vers le Sud, moi vers le Nord. Tous les deux nous souhaitons changer un peu de route au retour.

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Et voilà il faut reprendre la route ! C'est qu'on n'est pas d'ici !

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Sisteron 

Et du coup je décide de prendre la nationale, un peu vallonnée et avec pas mal de circulation, sans doute pas une option très intelligente mais grâce à cela je vais avoir une très belle surprise !!!

   Il fait une chaleur terrible, 34°C au compteur et je décide après Laragne de faire une petite pause pour répondre à un SMS de Cricri. Comme je suis arrêtée sur le bord de la route, je vois deux personnes près d'une voiture qui font des signes, mais comme je ne connais personne à 130 km de chez moi, j'imagine que c'est pour quelqu'un d'autre ! Jusqu'à ce qu'ils se dirigent vers moi et que je comprenne que c'est Franco et son épouse Martine, qui rentrent du Sud   Une super surprise !

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Une rencontre incroyable !

Du coup j'ai droit à la voiture d'assistance : cake aux fruits et coca frais   Ils me demandent même si je veux rentrer en voiture ... non, quand même pas 

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Envie de baignade ... 

  A Serres je quitte enfin la circulation pour prendre la route du col de la Saulce, très grande mais déserte.

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Une route si grande pour moi toute seule !
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Elle monte très tranquille , mais malheureusement j'ai un bon vent de face qui me ralentit considérablement. Je repère le torrent et ses belles vasques, cela fait envie par 34°C ... mais déjà que je n'avance pas .... La chaleur et le vent sont très fatigants, et déjà que je n'avais pas trop les jambes ce matin, maintenant ça va commencer à être dur. Je me ravitaille de nouveau à Rosans, il y a aussi de l'eau ... car celle du bidon chauffe dur ...

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Bizarre ce vélo ! 

J'aime tout de même bien cette partie que je connaissais très peu, je n'avais jamais monté ce col, étant arrivée au-dessus par le col de Bruis.

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Arrivée à Rémuzat je tourne vers le village, j'ai décidé de passer par le col de Pré-Guitard et Lescou . Je pense à Jef qui y était en séjour, , Je pourrais lui dire, selon son expression, que je suis un peu "caramélisée" ... il est 17h40 et toujours 32°C et le vent est de plus en plus de face.   je me dis aussi que c'est une bonne chose de connaître des passages un peu difficiles de temps en temps   Ca forge le mental ...  sinon comment savoir de quoi on est fait !

le plan d'eau du pas des Ondes me donne une féroce envie de CBB (CycloBaignadeBronzette) ...

Je mange une banane en pensant à Jean-Luc, on en a parlé tout à l'heure et j'ai trouvé une supérette à Rosans

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Du col de Pré Guitard ...

Pourtant pas bien dur ce Pré-Guitard, mais aujourd'hui il a regagné de la pente et de l'altitude ... un cumulus providentiel vient à mon secours pour gagner Lescou, ça c'est notre balade de février, je regarde s'il n'y a pas un peu de glace contre le rocher  Le paysage prend des couleurs dorées, c'est superbe.

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A l'approche de Saou ... 

Il ne me reste qu'à gagner Saou, vent de face mais la descente est suffisante pour avancer un peu quand même ; le début du Col de Lunel est facilité par une sorte d'inversion du vent de Nord, qui à cet endroit doit être dévié par le synclinal et souffle de l'Est   ... ensuite il est si tard que le vent perd de sa vigueur et la descente vers Crest dans la fraîcheur retrouvée avec 24°C est agréable ... et finalement ça le fait, arrivée à Crest au soleil couchant à 20H50 .

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Jean-Luc arrive quasiment en même temps que moi avec 368 km ! Une sacré belle distance pour lui ! C'est super sympa à organiser ces petites rencontres de bloggeurs, même si on est malheureusement trop loin pour faire un bout ensemble ce qui serait encore mieux !

Le nombre d'heure d'exposition à la chaleur reste déterminant pour moi et j'ai trouvé ce parcours plus fatigant que le BRM 400 km très frais (jamais plus de 17°C),a vec un coefficient pourtant inférieur, moins de km et une moyenne roulée 1 km/h en dessous .
Il faut dire que je l'ai abordée sans repos préalable après le Mont du Chat et pas bien loin des Quatre Mt Noir, qui pourtant étaient passés nickel .
Par contre le parcours est assez sympa (un peu trop de faux plat à Die) et aurait sans doute été mieux pour le vent en sens inverse ... mais Cabre au soleil n'aurait pas été mieux ... .

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Derniers rayons de soleil ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commenter cet article

l'Ange Blanc 03/06/2012 11:43


slt Brigitte, c'est génial ces défis lancés comme ça juste pour une rencontre entre blogueurs et qui occasionnent des heures et des heures de vélo et qui font avaler des centaines de km. Tu avais
l'embarras du choix pour descendre ou remonter à et de Sisteron, tu as fait ton choix sur quels critères?


encore bravo et à bientôt pour une rencontre et quelques km ensemble ? (si tu serres un peu les freins du vélo...)

renarde1 03/06/2012 13:27



Oui moi aussi j'aimais bien cette idée. Au départ je voulais le faire depuis chez moi - mais 345 km ça me semblait long pour disons, être de retour avant la nuit, et cela imposait un AR par le
même chemin. Depuis Crest j'avais plus de choix. J'ai essayé de faire en sorte simplement que ce soit une vraie boucle; j'aime bien Pré Guitard et Lescou, je me suis laissée guider par l'envie du
moment. Pour le vent cela aurait été mieux en sens inverse (Cabre au retour)


Pour une rencontre avec toi, comme on est moins éloignés on peut rouler ensemble , avec un point de rencontre vers 10h du mat du côté de Grignan, Nyons, Dieulefit, col d'Aleyrac  etc ... !
Reste à trouver une date, pour moi malheureusement c'est plus simple en semaine, auras-tu des vacances ? un RTT ?



David 02/06/2012 07:27


Quelle beau périple !


Finalement tu t'habitues bien à la chaleur... après le Mont du Chat en plein soleil la veille, tu as su enchaîner avec cette longue journée sur le vélo, et encore cette forte chaleur.
Heureusement, tu avais prévu le ravitaillement au retour


Bravo pour ces presque 33 heures de vélo en 5 jours, impressionnant

renarde1 02/06/2012 14:24



euh oui mai termine fort et juin ne démarre pas mal 
Etre exposée plusieurs heures à la chaleur me fatigue et si je veux sortir tous les jours l'idéal est comme ce vendredi et aujourd'hui: 120-130 km avec les montées le matin et final sur le plat
en début d'aprem



Bruno 31/05/2012 22:58


L'article partait sur une bonne intention en lisant 340km et juste après tu commences à faire ta feignasse en choisissant de faire un minitour.


Cela a fâché les dieux du vélo qui t'ont mis le vent contraire et en plus tu as failli revenir en voiture.


J'allais te proposer que l'on fasse une sortie pour aller se rencontrer à mi chemin de nos lieux respectif puis revenir chez nous mais Oliv a eu la même idée.  La rencontre sur ta route de
normandie c'est pas la même chose car tu veux le faire en 3 étapes. Ne va pas le dire sur le forum des rubans blancs car ils vont rien y comprendre


 


Au fait bravo

renarde1 01/06/2012 19:28



Ouais feignasse je suis feignasse je resterai. Je n'ose d'ailleurs pas porter de ruban blanc car je prends le train, je fais des rapprochés en voiture et je ne mets en oeuvre que les suggestions
d'Olive qui ne dépassent pas 300 kilomètres  et 5000 m D+ .  L'hiver les jours sont trop courts et l'été, fait
trop chaud  On verra ça quand je serai grande !



isabelle 31/05/2012 19:08


Oui, je suis daccord, on pourrait presque parler de diciplines différentes. Les longues distances me semblent tellement plus complexes à gérer (alimentation, sommeil, besoins physiologiques....)
surtout s'il n'y a pas la notion de plaisir, comme en ce qui me concerne. Par manque d'entrainement je suppose, au delà d'un certain kilométrage, je n'éprouve plus de plaisir, je commence à me
dire que j'ai mal à droite, à gauche... et que je serais mieux à la maison. Voilà la raison pour laquelle je trouve que vous tous qui roulez autant, avec autant de plaisir (ça se voit et ça
s'entend lorsqu'on vous lit), vous êtes avant tout,  des bonnes natures et des vrais passionnés!

renarde1 31/05/2012 22:22



La notion de plaisir avant, après, pendant, il y aurait beaucoup à en dire !
En premier lieu il y a sur les distances disons "assez longues" un plaisir spécifique que je n'ai retrouvé que là : de vrais moments d'exaltation ! Ils étaient tous de nature différente
d'ailleurs , avec des sensations comme "être extraordinairement vivante" " avoir l'impression que je pourrais pédaler jusqu'à l'infini" .
Ensuite il y a un plaisir que je pense plus proche de celui des ascensions en montagne : le plaisir de préparer un projet, de le mener à bien, de l'avoir mené à bien . Ce plaisir on l'a sûrement
aussi sur une cyclosportive, mais je ne suis pas adaptée à la vitesse... bien plus à l'endurance !



Je réfléchissais tout à l'heure à une expression que tu as utilisée : être à l'écoute de son corps. Je me disais que je "négociais avec" plutôt que ne faire que l'écouter  Il est évident que l'autre jour par 34°C il me disait "baigne-toi dans le torrent" et moi "une gorgée d'eau, c'est tout ce que tu auras
"


 Par contre, je n'aime pas les histoires de gens qui terminent explosés à chaque sortie ; l'autre soir j'ai trouvé le retour un peu dur, sans plus, et une fois la balade terminée j'étais
"normale" à part un peu sommeil à cause du lever très tôt ; c'est toujours comme ça ;  le lendemain d'une grosse sortie je fais en général un petit tour assez plat , ou rien, mais le
surlendemain je ne dirais jamais non si on me propose quelque chose !!!!


 



 



isabelle 31/05/2012 09:36


On apprend des trucs sympas dans les commentaires, certes, mais, on lit surtout des CR de sorties de folie!!


Tu es vraiment une "dure à cuire" ou une "pure et dure" comme tu voudras.


A ce niveau là, je me contente de te lire et même pas j'envisage de le faire par défi. Une montagne d'heures de selle est nécessaire si l'on veut rester à l'écoute de son corps, même en mangeant
des bananes.....


En tous cas, tu me fais bien rire tellement tu es surprenante!

renarde1 31/05/2012 10:44



C'est vrai qu'après "une montagne d'heures de selle" , on ne se fait plus un film si on doit faire plus de 200 km. On sait juste que ça se fait , que selon les jours c'est plus ou moins
long 


Mais bon, des gens qui font de longues sorties, il y en a plein sur les brevets   Cela surprend certains cyclos
habitués aux sorties en club très rapides dont ils reviennent fatigués après 90 bornes ... mais ça n'a rien à voir.