La lumière des Cerces
Mercredi 2 septembre 2026, randonnée pédestre, massif des Cerces
3,24 km/540 m D+ pour la montée au refuge du Clos des Vaches
5,69 km/482 m D+ pour l'aller-retour au col du Chardonnet
Les massif des Cerces, proche du Col du Lautaret, est un paradis été comme hiver pour l'adepte des sports de plain air. C'est un secteur que nous avons déjà un peu exploré ... en escalade il y a très longtemps avec la traversée des arêtes de la Bruyère, à skis souvent depuis le col du Lautaret ou Névache , à pied jusqu'au sommet du Grand Galibier dans les années 2000 (dont j'ai également descendu à skis le couloir de la Clapière) .
Là l'idée était toute simple, juste marcher sur les très bons sentiers pédestres qui caractérisent cet endroit, afin d'atteindre de beaux points de vue sur le massif des Ecrins, les cols et les lacs . En ce début septembre, il n'y a pas besoin de crampons : il n'y a plus de neige , même vers 3000 m.
Le nouveau refuge du Clos des Vaches sera notre (très confortable) camp de base , en demi-pension.
La chaleur au départ laisse place à un petit vent rafraîchissant dès l'Alpe du Lauzet . La montée , ni longue, ni raide, ni ennuyeuse, est agrémentée de cascades, marmottes et changement de points de vue. L'aiguillette du Lauzet (où l'on peut trouver une via ferrata) est assez spectaculaire .
Il est encore tôt , nous profitons de l'après-midi pour accéder en aller-retour au Col du Chardonnet, un objectif facile sur un sentier très bien tracé et progressif, qui permet de s'élever sans fatigue jusqu'à 2638 m (et au-delà car on peut continuer sur la crête de part et d'autre du col ) . Il donne sur la vallée de la Clarée, où nous avons passé des vacances en hiver 2021 .
Après le versant raide de la montée, l'arrivée surprend car on se retrouve sur un vaste plateau, balayé par le vent . La vue est superbe, déroutante car on n'a pas l'habitude de voir les sommets depuis ce point de vue !
La soirée au refuge est très sympa . Pour le repas du soir, nous partageons notre table avec trois jeunes guides et/ou moniteurs d'escalade, venus équiper une petite falaise à proximité du refuge ; le coin est très riche en possibilités. Pendant la journée, ils travaillent sur la falaise, purgent les blocs, installent des points et des relais.
Jeudi 3 septembre 2026, massif des Cerces, randonnée pédestre
Boucle Ponsonnière-Termier-Grand Lac
750 m D+, 15 km
Pas beaucoup dormi cette nuit, comme toujours en refuge, toutefois le départ pas trop matinal vers 8 h, avec une petite fraîcheur et un sentier tout à fait progressif et doux qui s'élève par de courts ressauts ont vite fait de redonner la pêche .
Nous ne savons pas vraiment jusqu'où nous irons, l'idée générale est d'aller au col de la Ponsonnière , de redescendre .
La lumière est magnifique ; nous voici déjà au petit collet avec vue sur la Grand Lac, encore tout à l'ombre ... puis un petit lac à gauche, un petit lac à droite, c'est le lac de la Ponsonnière ! Pas le temps de s'ennuyer et c'est déjà le col homonyme à 2613 m, moins haut que le point culminant de la balade de la veille .
La vue se dégage côté Valloire .
Il est bien trop tôt pour cesser de monter, et l'effort jusqu'ici a été minimal .
Un chemin balisé, un poil plus pierreux et plus raide, indique la crête de la Ponsonnière ... et nous découvrons un autre lac, dit "Lac Blanc " ... qui, à 2640 m, doit passer pas mal de temps sous un manteau blanc.
En passant, on repère le sentier que nous utiliserons en descente, une plongée vers le lac Blanc. Mais pour l'instant, on a encore envie de monter ... la sentier du col Termier, qui de loin semble rude dans un éboulis peu attirant, se révèlera finalement commode. Nous parvenons au large replat qui forme le col, bordé par d'impressionnantes falaises ... mais une grande partie de la vue est cachée !
Pas de doute, il faut encore monter !
A notre gauche, pas de sentier, mais des pentes très peu inclinées , constituées de schiste très compact nous permettent d'atteindre une sorte de crête au pied du Roc Termier,vers 2970 m d'où l'on est aux premières loges pour les Ecrins, la route du Lautaret, le massif des Combeynots .
Ce sera notre point culminant du jour .
Il ne reste qu'à redescendre de notre perchoir . Finalement, le retour jusqu'à l'Alpe du Lauzet sera plus sportif que la montée.
La première étape consiste à rejoindre le Grand Lac , par un sentier non balisé qui file direct dans les pentes herbeuses, sous la crête de la Ponsonnière. Nous nous y engageons avec un peu d'inquiétude, car il y a un troupeau de moutons, et qui dit troupeau dit PATOU. Entre temps, nous croisons une importante équipe qui monte, ils nous disent n'avoir pas rencontré de problèmes
Effectivement, le gardien à quatre pattes, bien installé sur le sentier , nous laissera passer, moyennant un petit détour dans l'herbe voisine .
La partie relativement plate pour arriver au lac est un peu longuette ; il est l'heure de manger un morceau, mais les berges du lac ne proposent pas vraiment d'endroit où échapper au soleil maintenant féroce ; on finit par s'abriter sous un rocher échoué dans un terrain en pente , c'est assez inconfortable car il n'y a pas moyen de caler les fesses, je dois creuser une sorte de marche avec les pieds pour me bloquer 😁
Après le déjeuner, c'est le "crux" de la descente, un passage câblé relativement long dans l'escarpement rocheux qui soutient le lac . La roche est belle et l'itinéraire intelligemment équipé, quand on se retourne on se demande vraiment où l'on est passé !
S'ensuit un sentier en lacets dans la pierraille, assez fatigant, pour rejoindre des alpages plus tranquilles où paissent des vaches (et de jolis veaux) sans patou , après quoi on rallie l'Alpe du Lauzet et la grande piste 4x4 bien chaude en début d'après midi .
Il ne reste plus qu'une chose à faire : boire un coup au col du Lautaret 😀 avant de regagner la plancher des vaches !
Vraiment rien à jeter dans la randonnée dans cette randonnée dans les Cerces !